SICOM 2026 : les médias congolais, hier aujourd’hui et demain !

SICOM 2026 : les médias congolais, hier aujourd’hui et demain !

Du télégramme à la télévision connectée, la communication journalistique a connu une évolution sans précédent. En ces jours où l’intelligence artificielle redessine tous les secteurs d’activité, le journalisme amorce une nouvelle trajectoire dictée par de nouvelles exigences. Dès lors, il devenait impératif que le secteur de l’information au Congo établisse son propre rendez-vous : une synergie d’acteurs engagés à dessiner l’avenir de leur métier en capitalisant sur les succès passés. Le SICOM s’impose ainsi comme une nécessité sectorielle et un outil métier pour fédérer et impulser les initiatives journalistiques au Congo. Face aux mutations technologiques qui transforment drastiquement nos modèles de consommation, cet événement offre le cadre idéal pour que le paysage médiatique congolais s’adapte, innove et s’organise, sans jamais transiger sur la qualité, afin de préserver son statut de « quatrième pouvoir », pilier de toute république.

Le SICOM du 17 au 19 septembre 2026 à Brazzaville

Porté par la vision de son commissaire général, Gildas Mayela, le Salon de l’Information, de la Communication et des Médias (SICOM) se veut le fruit de l’engagement des hommes et des femmes qui ont œuvré pour la concrétisation de la liberté de l’information au Congo. Une liberté notamment consacrée par la loi 08-2001 du 12 novembre 2001. Lors de son allocution, ce chevronné du grand écran de la télévision congolaise — aujourd’hui conseiller et chef de département Communication et relations avec les médias du Premier Ministre — a mis sa position institutionnelle au service du secteur pour l’impulser et le booster. Il a fermement martelé la nécessité pour les médias de se réinventer afin d’assurer leur compétitivité, en convoquant la célèbre formule de Winston Churchill : « S’améliorer, c’est changer ; être parfait, c’est changer souvent. » Un discours marquant, alliant passion et professionnalisme.

Participants au SICOM avec Gildas MAyela

Les médias au Congo, toute une histoire

Ce devoir de mémoire rappelé au SICOM résonne avec l’histoire prestigieuse du paysage audiovisuel national. Premier État d’Afrique subsaharienne à disposer d’une chaîne de télévision nationale avec l’inauguration de Télé Congo le 28 novembre 1962 par l’Abbé Fulbert Youlou, le Congo-Brazzaville a forgé l’âge d’or de sa communication durant les décennies 1980 et 1990. Cette époque a vu éclore des figures légendaires du micro et du grand écran, à l’instar de Jean-Gilbert Foutou, Claude-Ernest Ndalla, ou encore les grandes voix de Radio Congo et de la mythique Radio Rurale. Si l’ouverture démocratique de 1991 a permis l’émergence de pionniers privés comme la Digital Radio Télévision (DRTV) ou la radio emblématique Radio Liberté, le foisonnement apparent reste fragile. Officiellement, Reporters sans frontières (RSF) répertorie environ 20 chaînes de télévision privées, 40 stations de radio et 20 journaux. Pourtant, la dure réalité économique du secteur fait qu’une part importante d’entre eux n’émettent plus ou ne paraissent que de façon intermittente. C’est précisément ce constat alarmant d’un pluralisme de façade, miné par des écrans noirs et des fréquences muettes, qui a poussé les acteurs du salon à exiger des réformes structurelles.

Le SICOM au jour le jour

Pendant trois jours intenses de réflexion autour du thème « Réfléchir sur l’avenir des médias congolais », le salon a réuni la majeure partie des professionnels du secteur à travers un riche panorama de formations, de masterclass et de panels thématiques :

  • Intelligence artificielle : Des sessions ont exploré comment intégrer l’IA dans les rédactions africaines afin d’optimiser la production de contenus tout en respectant scrupuleusement l’éthique journalistique.
  • Fact-checking et fake news : Des experts ont animé des modules pratiques axés sur les outils de vérification de l’information à l’ère des réseaux sociaux.
  • Modèle économique : Les discussions ont porté sur la viabilité financière à l’ère du numérique, soulignant que l’avenir de la presse nationale dépendra de la refonte des cadres juridiques et de la création d’un fonds pérenne d’appui à la presse.
  • Place des femmes : Un panel dédié a mis en avant le leadership féminin dans les médias et les stratégies de lutte contre les stéréotypes de genre.
  • Soutien de l’État : Présent lors des échanges, le ministre de la Communication et des Médias, Thierry Lézin Moungalla, a souligné que ce salon doit s’imposer comme un véritable incubateur d’idées pour moderniser durablement le paysage médiatique congolais.

L’engouement manifeste des professionnels lors du SICOM 2026 témoigne d’une réelle volonté collective de participer à la refonte de notre écosystème informationnel. Alors que les articles fleurissent sur la toile pour saluer le succès de cette initiative, notre rédaction, Ekolo242, se joint naturellement à cet élan. Au-delà des panels, cette édition a mis en lumière le rôle désormais incontournable des web-médias et de la presse en ligne, acteurs majeurs de la transition numérique confrontés au défi de la viabilité économique face aux médias traditionnels. Ce grand rendez-vous a également permis aux autorités publiques de rappeler l’urgence de préserver la liberté de la presse, tout en exigeant une responsabilité accrue des journalistes face à la désinformation. Preuve de cette synergie constructive, la première édition du salon a été couronnée par la remise du Prix spécial de la liberté de la presse décerné au Chef de l’État, Son Excellence Monsieur Denis Sassou N’Guesso, en hommage à sa politique historique de soutien au secteur. En espérant que les prochaines éditions sauront perpétuer cette dynamique, le SICOM s’impose d’ores et déjà comme la grand-messe annuelle indispensable pour dessiner les contours des médias congolais de demain.

Alliamore NKABA ATSAMA

Consultant en Marketing et Communication, je suis un jeune qui aime son pays (le Congo) et passionné par les nouvelles technologies. Depuis plus de sept ans j’interviens dans plusieurs entreprises en Afrique (Congo, Sénégal, Gabon, Côte d’Ivoire) et en Europe (Espagne, France, Belgique). Ekolo242 est un projet qui me permet d’apporter ma pierre à la construction de ce Congo dont nous rêvons. CV >>> urlr.me/Wx2zT <<< Bonne Lecture et n’hésitez pas à contribuer par vos commentaires !!!

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