« Unicité des caisses : un test de crédibilité pour les finances publiques en 2026 »

« Unicité des caisses : un test de crédibilité pour les finances publiques en 2026 »

Dans son numéro 38 datant de février 2026, la newsletter d’UNICONGO nous partage un éditorial signé de monsieur Michel DJOMBO président d’UNICONGO. C’est la vision du représentant du patronat congolais sur les mutations structurelles de l’économie congolaise, notamment sur la question de l’unicité des caisses. Nous vous partageons dans cet article un contenu thématique profond sur l’utilité de centraliser les recettes pour assurer une gestion optimale des ressources en période de tension de trésorerie.

Un des principes de la finance publique : unicité des caisses

La gestion des finances publiques repose sur quelques principes structurants, dont l’un des plus importants est celui de l’unicité des caisses du Trésor. Ce principe, au cœur des systèmes budgétaires modernes, impose que l’ensemble des ressources publiques soit centralisé afin de garantir une vision claire, cohérente et maîtrisée de la trésorerie de l’État.

Au Congo, ce cadre est formellement établi depuis plusieurs années. Il vise à éviter la dispersion des recettes, à renforcer la discipline budgétaire et à améliorer la capacité de pilotage de l’action publique. En centralisant les flux financiers, l’État se donne les moyens de hiérarchiser ses priorités, d’anticiper ses besoins de financement et de limiter le recours à l’endettement à court terme.

Unicité des caisses un outil de transparence

Michel djombo de UniCongo

Sur le plan institutionnel, l’unicité des caisses constitue également un outil de transparence. Elle facilite le contrôle parlementaire, renforce la traçabilité des fonds publics et améliore la crédibilité du pays auprès des partenaires techniques et financiers. Dans un contexte marqué par de fortes contraintes budgétaires, cette exigence de lisibilité est plus que jamais nécessaire.

Pourtant, malgré ce cadre juridique clair, les pratiques se sont progressivement éloignées du principe. De nombreuses administrations, structures décentralisées ou autorités sectorielles ont développé des mécanismes de financement propres, fondés sur des prélèvements parafiscaux : redevances, contributions obligatoires, frais d’agrément, taxes spécifiques. Ces ressources sont souvent conservées en dehors du circuit central du Trésor et directement affectées à leur fonctionnement.

Il en est résulté, au fil du temps, une fragmentation de la trésorerie publique. Une partie significative des ressources de l’État circule dans des circuits parallèles, avec une visibilité limitée et un contrôle réduit. Cette situation affaiblit la cohérence globale des finances publiques et complique la coordination des politiques sectorielles.

L’autonomie financière fragilise l’Etat

Ce phénomène ne relève pas uniquement d’un contournement volontaire des règles. Il traduit aussi des dysfonctionnements structurels. Beaucoup de structures publiques font face à des dotations budgétaires insuffisantes, irrégulières ou imprévisibles. Pour sécuriser leur fonctionnement, elles ont donc cherché à préserver des ressources propres. L’autonomie financière est ainsi devenue, dans certains cas, une réponse à la faiblesse du financement public.

Mais cette logique, si elle peut sembler rationnelle à court terme, fragilise le système dans son ensemble.

Elle crée des déséquilibres entre administrations, favorise l’opacité et réduit la capacité de l’État à mobiliser l’ensemble de ses ressources en période de tension. Il n’est pas rare que le Trésor fasse face à des difficultés de liquidité, alors même que certaines entités publiques disposent de disponibilités importantes, difficilement mobilisables.

La loi de Finances 2026

C’est dans ce contexte que la loi de finances 2026 est venue rappeler à plusieurs administrations l’obligation de respecter le principe d’unicité des caisses. Ce rappel marque une volonté affichée de rétablir l’autorité du cadre budgétaire central et de limiter les pratiques de collecte et de gestion parallèles.

Ce signal est important. Il traduit une prise de conscience des enjeux de gouvernance financière et de crédibilité budgétaire. Il s’inscrit également dans une logique de modernisation de l’action publique, fondée sur la transparence, la discipline et la responsabilité.

Retrouvez l’édito complet sur unicongo.

Alliamore NKABA ATSAMA

Consultant en Marketing et Communication, je suis un jeune qui aime son pays (le Congo) et passionné par les nouvelles technologies. Depuis plus de sept ans j’interviens dans plusieurs entreprises en Afrique (Congo, Sénégal, Gabon, Côte d’Ivoire) et en Europe (Espagne, France, Belgique). Ekolo242 est un projet qui me permet d’apporter ma pierre à la construction de ce Congo dont nous rêvons. CV >>> urlr.me/Wx2zT <<< Bonne Lecture et n’hésitez pas à contribuer par vos commentaires !!!

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